Lioran 2016 : Un petit paradis cantalou

C’est tout le paradoxe du Lioran dans le Cantal : se donner rendez-vous dans une patinoire pour se réchauffer le cœur. Encore que cette année il fallait s’y équiper de polaires.

Mais peu importe les mesquineries de la météo qui ont ennuagé le sommet du Puy Mary et « arrosé » le pique-nique champêtre du jeudi ; c’est une semaine rayonnante de belles rencontres qu’ont vécu toutes les générations rassemblées du 11 au 16 juillet dans la richesse de leurs différences (un des thèmes de la semaine).

Arthur, 8 ans, a résumé l’avis général : « J’ai tout bien aimé. J’espère que j’y reviendrai ». Quant à Robert, il a déclaré : « J’ai fait le plein, rechargé les batteries ». Et au nom de son épouse, a ajouté : « Ce petit paradis d’une semaine nous a fait du bien ».

Deux échos pour résumer des conférences passionnantes (Thomas More, la parentalité positive), de partage des savoirs, de témoignages percutants, de célébrations recueillies, d’excursions et de visites (une fabrique de parapluies, le musée de la faune de Murat, Salers classé dans les Plus Beaux Villages de France).

Petits flashs en guise de feu d’artifice de cette semaine : une petite histoire de Gibi et Doppiaw[1] théâtralisée démontrant que le téléphone portable « vous rapproche des amis lointains mais vous éloigne des amis proches », l’homélie du Père Jacques rappelant qu’« en chacun de nous il y a un trésor, une pierre précieuse et qu’il faut rencontrer la pierre précieuse qui est en l’autre », les chants « Aimer chacun comme un ami », « Et si les mots de tous les jours devenaient paroles d’amour », etc, etc.

Respect-Dialogue-Unité

Pour autant les 350 participants n’ont pas vécu comme dans un cocon. Car si la Mariapolis est un « laboratoire de fraternité », elle est surtout une invitation à bâtir une société fondée sur le respect, le dialogue et l’unité. Le sketch de la fête finale a ainsi mis en scène avec beaucoup de drôlerie un couple d’Auvergnats régionalistes hostiles à Bruxelles converti à la mondialisation après avoir vécu la Mariapolis.

Bien ancrée dans un terroir -un merci tout particulier aux « régionaux de l’étape » pour leur convivialité et leurs spécialités !- , cette édition 2016 était en effet largement ouverte. Une vidéo a montré comment deux communautés ennemies au Kenya avaient réussi à créer un terrain de foot et un marché en commun. Youssef, musulman, doctorant en sociologie et membre de « Construire ensemble une culture de paix », une association interreligieuse » à Sète, a expliqué l’organisation du culte musulman en France et déclaré : « Il y a différents chemins pour accéder à l’amour de Dieu. […] La force des Focolari c’est le respect des autres et ce n’est pas qu’un slogan. Avec vous j’ai l’impression de devenir un meilleur musulman ». Par ailleurs les grands jeunes ont partagé des temps de repas avec des personnes handicapées d’un foyer de l’ADAPEI d’Aurillac et se sont confrontés à leurs talents manuels (visserie, montage de meubles), culturels (théâtre) et sportifs (pétanque, baby-foot). Autant d’apprentissages du vivre-ensemble.

Bien sûr, l’effroyable attentat de Nice a été un choc pour tous les participants. Pierre, le Monsieur Loyal des « Points du Jour » a commenté : « tous les gestes simples de fraternité posés au cours de cette Mariapolis renforcent encore plus notre détermination à travailler pour la paix ». Une invitation à poursuivre au quotidien.

Chantal Joly

[1]     Personnages des bandes dessinées de Walter Kostner

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